
Il est un peu plus de 6h.20, le Président Obama vient de finir son discours. Depuis une heure, tout comme la plupart des américains, j’ai l’impression de me réveiller d’un long cauchemars de 8 ans.
En tant que fervent démocrate, je me suis levé à 4h.30 pour les premiers résultats. Non pas que les USA m'intéressent autant que ça, mais qu’on le veuille ou non, leur politique influence radicalement la nôtre. C’est peut-être gênant, mais c’est comme ça.
Et d’un autre côté, j’avais aussi un peu l’impression que ce jour serait historique. Non pas que le fait qu’un Noir devienne pour la première fois président soit important à mes yeux (je ne fais aucun cas des races et des religions, ça agace d’ailleurs prodigieusement ma moitié...). Non, je voyais cette journée historique parce que c’était l’achèvement d’un rêve qu’un homme avait fait il y a 45 ans.
Le 28 août 1963, Martin Luther King Jr. faisait ce rêve devant le Lincoln mémorial de Washigton: “Je fais le rêve que mes quatre jeunes enfants vivront un jour dans une nation où ils ne seront pas jugés pour la couleur de leur peau, mais pour le contenu de leur personne. Je fais ce rêve aujourd'hui ! “
Le 4 novembre 2008 à 22h. précise à Chicago, 5 heures du matin à Lausanne, ce rêve est devenu réalité. Je ne vous mens pas, j’en avais les larmes aux yeux, l’impression de voir quelque chose de neuf, un changement de la vision du monde.
Après que Rosa Parks ait refuser de se lever dans un bus pour laisser sa place à un blanc le 1er décembre 1955, Obama prend la place d’un blanc à la présidence des Etats-Unis.
La boucle est bouclée.
Et le monde changé.
Il faut aussi dire qu’avec cette équipe de Républicains nationalistes et extrémistes (vous ne me ferez jamais croire que George W. Bush ait présidé une seule seconde les USA), je n’étais pas trop rassuré sur la paix mondiale. Je voyais se profiler de nouveaux conflits à l’horizon, notamment en Iran. Si pour moi, cela n’avait qu’une importance toute relative, ce n’était pas le cas pour mon fils aujourd’hui âgé de 4 ans. Son avenir était plutôt sombre.
Bien entendu, ne soyons pas naïfs non plus. Le monde ne va pas changer radicalement demain. Les 700 milliards alloués chaque année à la plus grande armée du monde ne va pas finir dans les écoles.
Mais j’aime à penser que comme en 1989 avec le Mur de Berlin, cette journée du 4 novembre aura une importance tout aussi forte sur l’avenir du monde occidental.
Une chose impensable, inimaginable, il y a 50 ans est arrivée aujourd’hui.
Le monde peut donc changer...
C’est possible...
Si nous le voulons....
Yes, we can !
